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 Oh'nir

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Kayné
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MessageSujet: Oh'nir   Dim 3 Jan - 23:51


La zone entourant le palais des rêves est un endroit bien étrange.
Un ciel d'un bleu sombre illumine le labyrinthe faramineux des ravins qui constituent la vaste majorité de la topographie du paysage.
Tout comme le ciel est parsemé de nuages semi transparents à la couleur d'émeraude, le sol lui aussi est parsemé de cristaux multicolores de diverses tailles, allant de la rose des sables aux pics gargantuesques qui surplombent la zone.

Dans ce dédale par endroits rempli de pénombre, prennent parfois forme les rêves des créatures conscientes d'Haerii et d'au delà, ainsi que les monstruosités qui en font leurs proies.
La légende dit par exemple que si le palais des rêves est l’adobe de Ci'eth le mangeur de rêves, la zone l'entourant est son terrain de jeux où il chasse sans la moindre pitié tout ce qui a la malchance de s'y trouver.  




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Kayné
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MessageSujet: Re: Oh'nir   Lun 4 Jan - 0:22

Ambiance:
 

Sans trop comprendre pourquoi ni comment, l'inquisiteur Von Tessen vit la lumière apaisante du sortilège de la sainte Natalia subitement laisser sa place aux plus obscures des ténèbres. La chaleur réconfortante qui émanait de la jeune fille disparue également, remplacer par un froid qui semblait geler jusqu'à l'âme de l'inquisiteur.

Quelque chose ne s'était pas passé comme il fallait. Mais quoi, et pourquoi? Nul moyen de le savoir.

L'homme à présent désespérément seul au milieu des ténèbres, n'avait aucun moyen de lutter face à sa situation. La visibilité était nulle, il n'avait pas la moindre idée d'où il avait atterrit ni de comment il pourrait retrouver son chemin.

Il savait seulement qu'il faisait froid. 

Tellement froid.

Ses paupières commencèrent à devenir lourdes, sa respiration de plus en plus lente et ses mouvements difficiles. 

Sa flamme allait s'éteindre.

Il faisait tellement froid... Aussi froid que cette fois où il avait voyager à travers les sommets enneigés de son pays natal, la distante contrée de Psarosoupa.

L'homme saisit l'instant, le peu de temps qui lui restait pour se remémorer son vécu, l'histoire de sa vie. Comment il en été arrivé là, au milieu des ténèbres, dans le froid.

Mais la flamme de la foi ne s'éteindra pas ici! Pas maintenant!

L'homme était seul au milieu d'une obscurité sans limites, et alors?

Il avait passé sa vie à se préparer pour cet instant!

Il faisait partie de l'inquisition!

Il était là pour chasser les ténèbres!

Il n'en avait point peur! 

Son courage rassemblé, sa flamme ranimée, l'homme de Dieu poussa son corps à marcher vers l'avant, et son corps le fit, plus par la force de sa volonté que par sa capacité à braver le froid qui était toujours présent.

Geniphyr avait une mission, une destinée, et il n'allait pas mourir ici! 

Puis, comme pour récompenser sa foi, son esprit lui revint petit à petit, son œil redevint vif. Puis, au fur et à mesure, avec chaque pas qu'il laissait derrière lui dans ce froid sans pitié, les ténèbres se dissipaient. 

Jusqu'au point où ils finirent par disparaître complètement, comme si ils n'avaient jamais existé, laissant Von Tessen dans un nouveau paysage, une vallée remplie de ravins aux cristaux multicolores.

Diable, les ténèbres lui étaient plus familiers que ce spectacle étrange!

Il prit une profonde respiration, qui lui sembla être la première depuis des années, puis relâcha son souffle qui prit la forme d'un petit nuage de buée à cause du froid qui persistait encore et toujours.  

L'inquisiteur ne pouvait s'empêcher de ressentir qu'il venait d'échapper de justesse à ce qui aurait put amener son jugement final. Une pensé peu réconfortante mais qui le poussa à reprendre sa route, s'embauchant dans le ravin qui s'ouvrait devant lui. Car que d'autre y avait il à faire que d'avancer?

Bien qu'il avait récupérer un peu de ses forces et que ses yeux étaient maintenant grand ouverts, il ne savait pas pendant combien de temps cela allait duré. Pour peu qu'il y ait une nuit dans cet endroit maudit au ciel aussi étrange que celui de Nanonéphar, elle aurait surement raison de lui si il ne trouvait pas de quoi se réchauffer.  

Ainsi l'inquisiteur marcha dans le labyrinthe de cristal, pendant la bonne partie d'une heure, avec seules compagnes ses pensés.

Cela aurait put durer pour l'éternité, ou plutôt jusqu'à ce que ses forces s'épuisent et que sa volonté ne suffise plus à le mouvoir, sa foi elle même semblait se retrouvée affaiblie, lointaine dans cet endroit magique.

Bien-sur Tessen n'allait pas abandonner pour autant.

Mais Geniphyr restait mortel!

Et combien en fallait il finalement pour qu'un mortel se rende au désespoir?

Heureusement pour lui, Geniphyr n'allait pas avoir à répondre.

Ambiance:
 

Sans crier gare, sans le moindre flash magique ou la faible bourrasque de vent marquant un atterrissage brusque, trois figures apparurent devant lui, comme si elles avaient toujours été là mais qu'il n'arrivait à les apercevoir que maintenant qu'il s'en était autant approché.    

La surprise de Von Tessen ne put que s'intensifier quand il reconnu les figures en question!



Tania & Leia

Nulle autre que la paire de jumelles étranges que le groupe d'aventuriers avait rencontré juste avant leur entrée à Gigarylis! 

Puis, comme si ces retrouvailles n'étaient pas suffisamment étranges d'elles mêmes, les demoiselles semblaient accompagnées d'une créature que les yeux d'expert de Von Tessen identifièrent immédiatement comme maléfique. Non seulement il connaissait la nature de la créature, mais il la connaissait également pour ce qu'elle était et de nom!



Ci'eth, le mangeur de rêves.

Il n'y avait aucun doute. L'inquisiteur était familier avec le folklore d'Haerii, car même si leurs fois divergeaient, les habitants de ce monde avaient tous un certain nombre d'ennemis en commun et cette créature en faisait indéniablement partie! 

Peut être d'ailleurs qu'elle était également l'ennemi des demoiselles, car bien qu'ils avaient tous apparus subitement au même moment, il y avait une petite distance entre les jeunes filles cote à cote qui tournaient le dos à l'inquisiteur et la créature qui leur faisait face seule quelques mètres plus loin. 

Tessen pouvait également ressentir une certaine tension dans cette situation.

Leia: " Voilà ce qui est embêtant... "

Tania: " Ouaip, je crois qu'on a légèrement merdé sur ce coup! "

Leia: " Bon, inutile de s'attarder plus sur l'affaire. J'espère juste que ça n'aura pas d'impact. "

Tania: " Tu dis çà mais en attendant on a toujours cette merde sur les bras! "

Ci'eth, apparemment étourdi par le changement d'endroit soudain, commençait à reprendre ses esprits petit à petit. Une fumée noire des plus sinistres commençait à s'échapper des pieds de la créature, gagnant en volume avec le temps.

Ci'eth: " Dans l'ombre... "

Tania: " Et si on le jetait dans un volcan ou quelque chose? "

Leia: " Ça ne le tuerait pas. "

Tania: " Non, mais ça serait marrant! "

A ce moment, Leia remarqua que Ci'eth regardait autant elles que derrière elles! Elle se retourna brusquement pour voir Tessen qui se gelait les burnes à quelques mètres d'elles alors qu'elles étaient en soubrettes et visiblement point affectées par la température très très basse des environs. 

Leia: " Euh... "

Tania: " Quoi? "

Elle tourna la tête pour voir Tessen à son tour.

Tania: " ENCORE??? "

Leia: " ... "

Tania: " MAIS PUTAIN QU'EST-CE QUI ARRIVE AUJOURD'HUI? "

Ci'eth: " Dans l'oooommmbreeeee! "

Tania: " MAIS TA GUEULE TOI! "

Leia: " Du calme, Tania, ceci nous arrange. "

Leia se tourna complètement vers Geniphyr et se pencha vers l'avant en guise de révérence... et d'excuses.

Leia: " Monsieur Von Tessen. "

Ci'eth, maintenant presque entouré d'un nuage de ténèbres: " DANS L'OOOOOOOMMMMMMBBBREEEEEEE! "

Tania: " Ouais, tu veux peut être te dépêcher un peu Leia, on est un peu chez lui là! "

Leia: " Euh, oui. Ahem. C'est étrange de vous voir ici monsieur Von Tessen, c'est la première fois qu'on se rencontre ici. Comment avez vous été séparé des autres? Ça n'est jamais arrivé auparavant! "

Tania: " J'ai dis dépêche tooooiiiii! "

Le monstre maintenant à peine visible dans l'obscurité avait commencé à marcher vers elles d'un pas menaçant. 

Leia, parlant tellement vite qu'elle manqua de bafouiller sa phrase: " Bref, c'est  inopportun mais je crains que puisque vous êtes là cela veut dire que c'est la fin de votre route de toutes façons! Veuillez accepter nos plus sincères excuses pour ce qui va suivre! "

Tania, plus calme mais commençant à reculer face à Ci'eth: " C'est çà! Chiao pépé! Rest in peace! "

Puis les deux filles disparurent comme elles sont arrivées, ne laissant derrière elle que Ci'eth et un grand blanc entre lui et Geniphyr.

Ci'eth: " DAAAAAANNNNNNNS L'OOOOOOOOOOOMMMMMMMMBBBBBBBRRRREEEEEEE!!!! "

Grand moment de solitude pour l'inquisiteur sans nul doute.

Le psarosoupien n'eut pas vraiment le temps de faire quoi qu ce soit avant d'être englouti par le nuage noire qui entourait le mangeur de rêves.

Mais là où l'homme de Dieu s'attendait à se retrouvé nez à nez avec la douleur, il rouvrit les yeux pour se rendre compte qu'il était à nouveau dans un monde de ténèbres. Seul.

Ambiance:
 

Cependant cette fois le froid semblait absent, sa respiration était plus aisée et ses mouvements plus fluents.

Était il mort? 

Avant qu'il ne puisse vraiment répondre à cette question, un pilier de lumière perça les ténèbres pour éclairer le sol à une vingtaine de mètres de l'inquisiteur.

Quand il commença à s'en approcher, il sentit une sensation bizarre, comme si les semelles de ses botes collaient légèrement sur le sol encore obscure qu'il traversait. Ceci dit, cela ne l’empêcha point d'atteindre le pilier de lumière, avec aise même, surtout comparé à sa progression lente onéreuse dans les ravins de cristal. 

Au moment où l'inquisiteur mit pied dans le pilier de lumière, la voie de Ci'eth retentit dans les ténèbres autour de lui. 

Ci'eth: " Tu as été beaucoup de choses Geniphyr Von Tessen... "

Devant les yeux de l'homme probablement sur ses gardes et pour bonne raison, quelques traits de fumée grisâtre se détachèrent des ténèbres et vinrent prendre la forme d’humanoïdes sous le pilier de lumière. 

Tessen finit par réaliser une fois que les figures en fumée ont atteint leurs formes finales, que l'une d'elle a prit son apparence, ou du moins l'apparence qu'il avait jadis. 

Ci'eth: " Frère... "

??? en colère: " Genyphir! "

Fit l'une des ombres d'une voix familière à l'inquisiteur, celle de son père!

Mais il ne s'adressait pas à lui, il s'adressait à l'ombre qui avait prit sa forme, visiblement incapable de voir le réel Von Tessen.

Geniphyr se rappelait bien de cette scène. 

Le moment où il avait réalisé qu'il n'était pas le préféré de son père pour ainsi dire...




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Von Tessen
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MessageSujet: Re: Oh'nir   Mar 5 Jan - 22:22



Genyhir avait honte…

Cela faisait plusieurs mois qu’il transgressait une règle après l’autre, se soumettant à la souillure de la magie à maintes reprises. Des sortilèges destructeurs de Ryner aux guérisons d’Apollo, Genyphir avait fermé les yeux sur bien trop de choses. Jusqu’à maintenant il pouvait se cacher derrière la sainteté de sa tâche, se dire que ces infractions étaient nécessaires pour mener sa mission à bien. Mais le voilà qu’il retournait à présent à Psarosoupa les mains vides et l’âme sale, et le Seigneur le punissait pour sa faiblesse.

Maintenant, au milieu de ce nouvel enfer où ses actions l’avaient conduit, Genyphir compris sa lecon : ne jamais faire de compromis, peu importe les raisons !

L’Inquisiteur senti une douleur aigu dans sa poitrine. Son cœur battait la chamade. Il avait froid. Très froid. Il n’avait que rarement éprouvé une telle sensation. Des souvenirs douloureux lui vinrent à l’esprit.


Spoiler:
 

Des milliers d’hommes, affamés, extenués, tentant l’impossible dans les montagnes de Psarosoupa. Des hommes dans la force de l’âge hurlant pour leurs mères tandis que leurs camarades amputaient leurs membres ravagés par les éléments. Genyphir avait tenté de boucher ses oreilles. Il ne voulait plus entendre les plaintes de ces soldats réduits à un état aussi pitoyable. Mais rien ne pouvait bloquer les paroles de leur officier lorsqu’il vit ses hommes prêts à se débarrasser de ce fardeau macabre :

???:« un bon soldat ne se débarrasse jamais de ce qui peut encore le sauver... ».

Seigneur… qu’avaient-ils fait… ?

Peut-être était-ce le temps pour Genyphir de payer pour tous ses pêchers. Quoi de plus raisonnable de la part du Seigneur que de les lui rappeler ? Chaque bon juge se doit d’énoncer les fautes de l’accusé. Genyphir en savait quelque chose...

Sa force le quittait.

Il tomba à genoux, le souffle lourd et la gorge en feu. Son corps était parcouru de tremblements.

Le temps était venu de comparaitre devant son Maitre. Il avait perdu de vu Son chemin. Il avait péché et il L’avait trahi, et il se devait maintenant d’expier ses fautes.


Genyphir : « J’offre ma vie au Seigneur et je prie pour qu’Il l’accepte.
J’offre ma force au Seigneur et je prie pour qu’Il s’en nourrisse.
J’offre mon sang au Seigneur et je prie pour qu’Il étanche sa soif
J’offre mon être à l’autel de Sa gloire et je prie qu’Il me donne une noble mort.
Je prie pour Sa protection et j’offre tout ce que je suis


Le froid l’assaillit de nouveau, entrant au plus profond de son être et manquant de lui couper le souffle. L’Inquisiteur s’écroula par terre, terrassé.

Genyhpir : « Seigneur… pardonnez-moi… »

Le froid le frappa à nouveau, plus mordant que jamais. Il sentait son cœur prêt à céder. Ses tremblements se transformèrent en spasmes

Chaque Inquisiteurs était prêt à affronter sa mort. Tous les membres de leur ordre se devaient d’accepter deux choses avant de prêter serment : Ils ne vivraient jamais une longue vie, et leurs actions les damneraient pour l’éternité. Tel était le prix qu’ils devaient payer pour combattre le mal. Genyphir avait accepté cela depuis des années, mais il n’avait jamais pensé que le Seigneur serait aussi…cruel.

Quelque chose n’allait pas. Le Seigneur était juste et sévère, mais il n’était pas féroce. Pourquoi le faisait-il tant souffrir ? Etait-ce pour cet être qu’il avait combattu toute sa vie ?

Ce froid ne pouvait pas venir du Seigneur… C’était impossible…

Ses paupières se firent lourdes. Il perdait connaissances. S’en était fini de lui. Genyphir ne savait que trop bien ce qui arrivait aux hommes qui fermaient leur yeux
« juste pour quelques minutes » dans les montagnes pour ne plus jamais se réveiller. Mais il n’y avait personne pour le secouer. Personne pour hurler dans son oreille. Personne pour le garder éveillé. Il était seul, et tellement fatigué.

Son esprit se mit à voyager. Il revit sa mère qu’il avait quitté tant d’années auparavant. *Etrange* pensa-t-il. Il aurait juré d’avoir oublié son visage. Il était dans sa maison maintenant. Parcourant l’unique couloir du rez de chaussé, la scène de tous ses jeux avec ses frères. Il passa ses doigts sur les meubles qui, jadis, faisaient office de châteaux dans ses aventures et qui lui arrivaient, à présent, à la taille. Un sourire lui vint aux lèvres. *Tout n’est pas si mal finalement*

Mais sa joie fut de courte durée, car a ce moment vint un vent glacial qui parcouru le couloir entier, plongeant la chambre dans le froid et chassant la lumière. Pourquoi le Seigneur le faisait il tant souffrir ?

Genyphir ne pouvait plus rien voir. Tout était plongé dans la pénombre. A court d’option, il se mit à avancer aveuglement dans le couloir. Il marchait pour longtemps. Bien trop longtemps. Le couloir de sa maison ne faisait que quelques mètres, mais celui-ci continuait pour ce qui semblait une éternité. Ses doigts n’effleuraient plus un mobilier familier, mais un mur nu et froid. Ou qu’il puisse se trouver, une chose était certaine, il n’était plus chez lui.


??? « Monsieur Von Tessen ? »

Genyphir se retourna subitement, la main sur son épée, pour être ébloui par la lumière d’une lanterne qu’un homme tenait à bout de bras.

Genyphir : « Qui êtes-vous ?! Montrez-vous ! »

Il avait déjà entendu cette voix quelque part, longtemps auparavant, dans un endroit sinistre et lugubre qui avait connu bien trop de souffrances.

??: « Permettez-moi d’ouvrir la marche Monsieur »

Tessen avait déjà entendu ces mots. Il connaissait cet homme ainsi que cet endroit

Genyphir : « Vous… ? »

Il n’était en effet plus dans la chaleur de sa maison d’enfance. Il avait quitté le couloir réconfortant de sa jeunesse pour les défilés labyrinthiques de la maison du vieux Baron Anton Von Graf.


Anton : « Venez Monsieur. Je ne souhaite arpenter le deuxième étage plus que nécessaire. »

Anton se mit en marche, suivi de près par quatre autre figures. Genyphir reconnu avec peine le vieux domestique du baron, son fils Johan, ainsi que ses deux anciens camarades, Werner et Pawel. L’Inquisiteur hésita à les suivre... Quelque chose s’était passé ici, quelque chose d’horrible. Mais il ne pouvait se rappeler quoi. Il finit par leur emboiter le pas.

Ils s’arrêtèrent devant une porte en bois.


Anton : « Nous y sommes… Laissez-moi entrez en premier je vous prie, je vais la prévenir de votre visiteDit le baron.

Genyphir: « Non » criât Genyphir « Non ne faites pas ça ! Ne rentrez pas là-dedans ! »

Il ne saurait dire pourquoi, mais il était impératif que cette porte reste fermée. Quel que soit la chose cachée à l’intérieure de cette chambre, elle devait rester scellée.
Mais le baron ne pouvait de toute évidence pas l’entendre. Genyphir le vit avec effroi ouvrir le bâtant et se faufiler dans la chambre. Le groupe le suivit peu après. Genyphir suivait, impuissant et terrifié, plissant les yeux dans un effort désespéré de percer les ténèbres, tout comme il avait fait la première fois qu’il était entré dans cette pièce maudite.


Anton : « Messieurs… je vous présente Elizabeth… »
Spoiler:
 

Genyphir se figea. Devant lui se tenait une jeune femme frêle et effrayée. Elle portait une tenue humble et soignée. Elle restait cependant un peu coquette et s’était efforcée d’améliorer sa garde-robe en ajoutant quelques taches de bleu qui allaient avec ces yeux. Genyphire fut frappé par son élégance et sa simplicité. Elle se tenait droite, plus par politesse que par confiance. Elle semblait presque minuscule en compagnie de son père et de trois Inquisiteurs aguerris. Si craintive… si inoffensive…

Mais malgré ce que l’Inquisiteur voyait devant ses yeux quelque chose au plus profond de son être lui criait que cette jeune fille était la personne la plus dangereuse dans cette pièce.

Elisabeth fixa ses yeux sur lui. Genyphir se noya dans son regard. Rien à voir avec ce qu’il avait pu ressentir lorsque, jeune homme, il croisait le regard d’un amour d’été, non. Il n’y avait rien de plaisant dans ce moment. Rien de magique. Juste l’effroi total de la noyade. Genyphir ne pouvait plus respirer. Il ne pouvait détourner son regard. Sa tête tournait. Il n’y avait plus rien au monde à part ces yeux bleus, et terrifiants, qui le fixaient.

Une voix douce et amicale retenti.

?? : « Etes-vous venus pour me sauver Monsieur ? Etes-vous là pour me venir en aide ?»

Genyphir ne pouvait plus réfléchir. Le monde entier tournait autour de lui. La voie retentissait dans sa tête, le rendant fou. Dans son délire il entendit d’autres voix :

Anton : « dites-moi Monsieur. Quels sont vos ordres exacts ? »

Ses ordres !!! Oui ! Ses ordres ! Si seulement il pouvait se souvenir de ses ordres. Pourquoi était-il donc ici ???

Genyphir se fit violence et chercha sa mémoire.

Genyphir : « L’Inquisition » haleta-t-il « répond à votre appel » Il devait se rappeler de la mission. Il devait se souvenir! Que s’était-il passé ? « Le Grand Maitre nous a chargé d’employer tous les moyens pour rectifier la situation… » C’était ça!… la fille ! La fille était la clef de toute cette histoire… Sa tête lui faisait tellement mal. Qu’y avait-il de plus ? Il oubliait quelque chose. « Mais que, sous peine d’excommunication nous ne devons en aucun cas faire du mal à la fille »

Les yeux disparurent ! La pièce cessa de tourner ! Genyphir manqua de peu de tomber par terre.


Deux mains puissantes se saisir de son visage et le tirèrent violement. Genyphir vint nez-à-nez avec la figure terrifié du baron Anton. Ses yeux étaient écarquillés de terreurs et des larmes coulaient le long de ses joues il ouvrit la bouche comme pour crier quelque chose, mais il ne pouvait prononcer un seul mot dans sa peur. Apres ce qui semblait être une éternité il fixa Genyphir et soufflât entre deux sanglots :

Anton : « Quelque chose vas mal…très mal… chez ma fille. »

Spoiler:
 

L’Obscure !!!!

Genyphir se souvint de tout…

La fille.

Le manoir.

La mission.

Ses camarades…


Il avait déjà ressenti ce froid. Ce froid immonde. A vrais dire il l’avait affronté toute sa vie. Mais jamais plus que dans les couloirs du baron Von Graf…

Tout ceci n’était pas l’œuvre du Seigneur mais du Démon !


Pour la première fois depuis qu’il était entré dans ce cauchemar, sa peur céda pour laisser la place à la colère, la seul émotion qu’un homme juste devait ressentir face à l’Obscure et ses servants.

Il devait s’échapper de cette prison ! Il regarda autour de lui. Il était toujours dans la chambre de la fille. Le baron, son fils et ses camarades avaient tous disparus. Il ne restait plus que lui et elle.


Genyphir fonça vers la porte, mais cette dernière pivotât sur ses gonds et claqua avec violence, le piégeant à l’intérieur. Il tenta de la détruire à coup de pieds, mais ses efforts furent vains. Il se souvint de ce que le Baron lui avait dit : 5 hommes n’avaient pu enfoncer cette porte… pas tant que la fille voulait qu’elle reste fermée.

Elisabeth : « Ou allez-vous Monsieur Von Tessen ? » La voix de la jeune femme retentie derrière lui, effrayée et plaintive « Vous aviez juré de me venir en aide. Vous et vos amis avez juré de me sauver »

Genyphir ne lui prêta aucune attention. Il se força de se concentrer sur ses alentours. Où était la clef ? Le Baron l’avait sur lui. Avait-elle disparus avec Anton ? Il se mit à chercher frénétiquement.

Elisabeth se rapprochait peu à peu de lui. L’Inquisiteur s’efforça de ne pas croiser son regard une seconde fois. Il ne pourrait pas lui résister à nouveau.


Elisabeth : « Vous avez juré de ne pas me faire de mal Monsieur. » Elle se rapprochait de l’Inquisiteur avec chaque pas, et avec elle venait le froid, mordant, mortel, impitoyable. « Vous ne me feriez jamais de mal n’est-ce pas ? » Sa voix fut brisée par des sanglots.

Genyphir ne pouvait trouver la clef. Que faire ? Que faire ?

Elisabeth : « Ne me laissez pas seul Monsieur. Je vous en supplie. Pour l’amour du Seigneur ne me laissez pas ici »

Genyphir se tourna vers la porte. Il n’y avait pas de clef. Il ne trouverait jamais de clef. Du moins aucune faite par l’homme. L’Inquisiteur prit une grande inspiration et sorti sa lame de son fourreau. Cette porte était scellée par l’Obscure : seul le Seigneur pouvait l’ouvrir.

Il plongea sa main dans son manteau et en sorti son flacon. Avec des gestes précis et entrainés il passa une couche d’huile sur sa lame.

Il avait passé sa vie à combattre les ténèbres. Il n’allait pas abandonner le combat maintenant. S’il devait mourir, ce serait avec une arme à la main et une prière aux lèvres.


Genyphir :
« Oh Seigneur Immortel ait pitié de nous, misérables indignes que nous sommes.
Oh Maître du monde, protège ton troupeau de la menace de l’ennemi.
»

Il se mit à genoux et plaça sa lame sur les paumes de ses mains.

« O Gardien de la lumière, par ton éclat guide notre voie aveugle.
Nous sommes ton armée et nous te servons,


Elisabeth : « Pourquoi ne me regardez-vous pas Monsieur ? Suis-je donc si horrible à vos yeux ? »

Genyphir : « nous sommes libérés des faiblesses de notre cœur, de l’hypocrisie, des vaines gloires et du mensonge, mais restons en proie à la haine, à la malédiction et à la colère face à l’impur, au mutant et à l’hérétique. »

Elisabeth : « Regardez-moi. S’il vous plait regardez-moi » Les sanglots de la fille devenait déchirants, désespérés. Tessen les ignora.

Genyphir : « Par Ton agonie, Ton sang et Ta sueur »

Elisabeth : « Regardez-moi Monsieur… Cessez vos prières et regardez-moi… »

Genyphir : « par Ton Trône d’Or et Ta mort »

Elisabeth : « Seigneur Tessen… Monsieur… »


Genyphir : « Par Ta disparition et Ton Ascension au rang de Dieu de l’Humanité »

Elisabeth : « REGARDE-MOI GENYPHIR !!! » la voix d’Elisabeth explosa comme un coup de feu, faisant trembler la pièce toute entière.

Genyphir prit trois grandes inspirations, puis se leva. Sa colère s’était dissipée et sa peur n’était qu’un lointain souvenir. Il était désormais en paix, et certains d’une chose : rien, ni personne, ne pouvait le retenir ici plus longtemps.

Il se retourna avec calme vers Elisabeth. Elle était tombée à genoux aux pieds de son lit. Elle leva vers l’Inquisiteurs son visage ravagé par les larmes. Il n’y avait plus rien de sinistres dans son regard, rien que les yeux d’une fille terrifiée.


Elle tendit une main tremblante vers Tessen et murmura les deux mots auxquelles tout Inquisiteur avait juré d’obéir :

Elisabeth : « Sauvez-moi »

Genyphir la fixa avec tristesse et lui dit ce qu’il n’avait pas eu le courage de lui avouer deux ans auparavant.

Genyphir : « Je ne peux pas… »

Puis il se retourna vers la porte et sorti son pistolet de sa gaine. Il l’approcha de sa lame et, fixant le bâtant qui lui faisait obstacle, fini le reste de sa prière.

Genyphir : « garde nous et rend nous fort, nous qui combattons en Ton nom. »

Il appuya sur la gâchette. Les étincelles vinrent lécher la lame et l’huile prit feu immédiatement. Genyphir brandit l’arme devant lui. La pièce toute entière fut inondée par la lumière. Genyphir se protégea le visage de sa main gauche et ferma les yeux. Derrière lui il entendit Elisabeth hurler

Puis plus rien.

Genyphir ouvrit les yeux.

Il était par terre. Sa lame n’avait pas quitté son fourreau et son flacon était aussi vide que quand il avait quitté la cathédrale de Nanonephar.

Il se leva avec peine. Etait-il à nouveau à son point de départ ?

Non.


Il était à présent dans un immense jardin de cristal. Du moins c’est ce qu’il aurait dit s’il devait décrire ses alentours. Cette journée allait de mal en pis.

Tessen décidât qu’il n’aimait pas ces cristaux. Loin de lui rappeler la lumière apaisante des vitraux de Psarosoupa, ces pierres ne lui inspiraient que le doute et le souci. Elles étaient tranchantes et perfides, et ne cessaient de changer leurs couleurs. Tous les attributs que Genyphir détestait chez les hommes, réunis en un seul paysage.

Pour un homme qui prisait l’ordre et la loi ce lieu semblait être la personnification même de l’inconstance.

Genyphir grimaça de dégout.

Mais il ne pouvait se permettre d’admirer le paysage plus longtemps. Il devait continuer son chemin et trouver un endroit sûr, si une telle chose existait dans ce lieu.
Il ne saurait dire combien de temps s’était écoulé depuis le début de ses mésaventures. Tout ce qu’il savait c’était que la monotonie de sa marche fut coupée courte par l’arrivée de deux personnes qu’il n’aurait jamais souhaité revoir.

Les deux jumelles au service du baron.

Genyphir était tenté de continuer son chemin en ignorant les deux entremetteuses, mais malheureusement pour lui elles étaient accompagnées d'une créature que Von Tessen identifia immédiatement comme maléfique. Il avait déjà vu cet être dans les bestiaires de l’Inquisition, elle avait tourmentée les rêves de trop de gens pour passer inaperçue.

Sa lame siffla en sortant de son fourreau.


Genyphir : Ci'eth…

Leia: " Voilà ce qui est embêtant... "

Tania: " Ouaip, je crois qu'on a légèrement merdé sur ce coup! "

Leia: " Bon, inutile de s'attarder plus sur l'affaire. J'espère juste que ça n'aura pas d'impact. "

Tania: " Tu dis çà mais en attendant on a toujours cette merde sur les bras! "

Ci'eth, apparemment étourdi par le changement d'endroit soudain, commençait à reprendre ses esprits petit à petit. Une fumée noire des plus sinistres commençait à s'échapper des pieds de la créature, gagnant en volume avec le temps. Genyphir, quant à lui, cherchait désespérément son flacon avant de se rappeler qu’il était vide. Il jeta un regard implorant aux cieux….

Ci'eth: " Dans l'ombre... "

Genyphir “Donnez-moi une fiole…

Tania: " Et si on le jetait dans un volcan ou quelque chose? "

Leia: " Ça ne le tuerait pas. "

Tania: " Non, mais ça serait marrant! "

A ce moment, Leia remarqua que Ci'eth regardait autant elles que derrière elles! Elle se retourna brusquement pour voir Tessen qui se gelait les burnes à quelques mètres d'elles alors qu'elles étaient en soubrettes et visiblement point affectées par la température très très basse des environs.

Leia: " Euh... "

Tania: " Quoi? "

Elle tourna la tête pour voir Tessen à son tour.

Tania: " ENCORE??? "

Leia: " ... "

Genyphir: “

Tania: " MAIS PUTAIN QU'EST-CE QUI ARRIVE AUJOURD'HUI? "

Genyphir : “Oh fermez la voulez-vous ? Je viens à peine de sortir de l’infirmerie après qu’un sauvage qui se ferait une joie de vous avoir toutes deux sous la main m’ait perforé le poumon avec ses saloperies, pour me trouver nez à nez avec une catin prête à sauter toute la garnison de la ville au sein même de sa cathédrale et finalement aboutir dans cet endroit où vous ne pouviez même pas me rendre le service de me laisser crever en paix. Si vous voulez vous mesurer à moi aux enguelades, gamine, j’ai plusieurs barres sur vous. J’AI ETE SOLDAT MOI, SUCEUSE DE QUEUES A CREDIT !!!"

Ci'eth: " Dans l'oooommmbreeeee! "

Tania: " MAIS TA GUEULE TOI! "

Leia: " Du calme, Tania, ceci nous arrange. "

Leia se tourna complètement vers Geniphyr et se pencha vers l'avant en guise de révérence... et d'excuses.

Leia: " Monsieur Von Tessen. "

Genyphir: “Si vous voulez faire la révérence, jeune fille, je vous suggère de vous habiller avant. Vous debordez de partout"

Ci'eth, maintenant presque entouré d'un nuage de ténèbres: " DANS L'OOOOOOOMMMMMMBBBREEEEEEE! "

Tania: " Ouais, tu veux peut être te dépêcher un peu Leia, on est un peu chez lui là! "

Leia: " Euh, oui. Ahem. C'est étrange de vous voir ici monsieur Von Tessen, c'est la première fois qu'on se rencontre ici. Comment avez vous été séparé des autres? Ça n'est jamais arrivé auparavant! "

Genyhpir: “Peu importe cela, nous avons d’autres problèmes. Restez derrière moi et ne me rentrer pas dans les pieds. »

Tania: " J'ai dis dépêche tooooiiiii! "

Le monstre maintenant à peine visible dans l'obscurité avait commencé à marcher vers elles d'un pas menaçant.

Leia, parlant tellement vite qu'elle manqua de bafouiller sa phrase:
" Bref, c'est inopportun mais je crains que puisque vous êtes là cela veut dire que c'est la fin de votre route de toutes façons! Veuillez accepter nos plus sincères excuses pour ce qui va suivre! "

Tania, plus calme mais commençant à reculer face à Ci'eth: " C'est çà! Chiao pépé! Rest in peace! "

Genyphir : “Quoi…

Puis les deux filles disparurent comme elles sont arrivées, ne laissant derrière elle que Ci'eth et un grand blanc entre lui et Geniphyr.

Genyphir : “Oh putain de me…

Ci'eth: " DAAAAAANNNNNNNS L'OOOOOOOOOOOMMMMMMMMBBBBBBBRRRREEEEEEE!!!! "

Le psarosoupien n'eut pas vraiment le temps de faire quoi qu ce soit avant d'être englouti par le nuage noire qui entourait le mangeur de rêves.

Mais là où l'homme de Dieu s'attendait à se retrouvé nez à nez avec la douleur, il rouvrit les yeux pour se rendre compte qu'il était à nouveau dans un monde de ténèbres. Seul.

Ci'eth: " Tu as été beaucoup de choses Geniphyr Von Tessen... "

Devant les yeux de l'homme probablement sur ses gardes et pour bonne raison, quelques traits de fumée grisâtre se détachèrent des ténèbres et vinrent prendre la forme d’humanoïdes sous le pilier de lumière.


Tessen finit par réaliser une fois que les figures en fumée ont atteint leurs formes finales, que l'une d'elle a prit son apparence, ou du moins l'apparence qu'il avait jadis.

Genyphir : “Je ne suis plus un enfant démon. Tu n’es pas le premier monstre que j’affronte et je ne compte pas te laisser être le dernier. »

Mais Ci’eth continua, imperturbable.

Ci'eth: " Frère... "

??? en colère: " Genyphir! "

Fit l'une des ombres d'une voix familière à l'inquisiteur, celle de son père!

Mais il ne s'adressait pas à lui, il s'adressait à l'ombre qui avait prit sa forme, visiblement incapable de voir le réel Von Tessen.


Geniphyr se rappelait bien de cette scène.

La fumée se déchira en deux, comme si un oiseau de proie venait de la traverser à toute vitesse. Des formes commencèrent à apparaitre pour créer une scène dont il se souvenait bien.

Il avait 16 ans. Il était enfin devenu un homme, et cela voulait dire qu’il devait quitter son foyer pour rejoindre les armées de l’empereur. Ils étaient tout trois au seuil de la maison, son père, sa mère, et lui-même.


Sa mère ne pleurait pas. Elle avait pleuré quand son frère ainé était parti, lui aussi, pour la guerre. Puis elle avait pleuré pour ses deux autres garçons lorsque leur temps fut enfin venu. Genyphir ne pouvait pas détacher ses yeux du visage de sa mère. Il avait grandi à présent suffisamment pour comprendre que cette femme n’avait tout simplement plus de larme à verser. Cette guerre lui avait tout pris. Mais le gringalet qui se tenait devant elle, imberbe, rachitique, perdu dans les plis d’un manteau trop grand pour lui, n'avait qu’une seule question en tete : *pourquoi ne pleure-t-elle pas ? »

??? : " Genyphir! "

La voix claqua comme un fouet. Genyphir et l’enfant se retournèrent instinctivement et lancèrent.

Genyphir : « Oui Monsieur »
Enfant : « Oui Monsieur »

L’Inquisiteur sourit amèrement. Tellement d’années s’étaient écoulé, mais cet homme le garderait toujours prisonnier. Lorsqu’il s’agissait de son père, Genyphir n’était encore qu’un enfant.

Le Seigneur Von Tessen vint se planter devant le gamin. Il le fixa de haut, comme s’il était incertain de vouloir envoyer une telle personne pour le représenter au combat.
Finalement il tendit une main et présenta un objet au garçon.


Ce dernier paru hésitant. L’Inquisiteur savait exactement ce qui se passait dans la tete de l’enfant. Que pouvait-il bien recevoir ? Ses frères avaient tout pris. Les chevaux avaient été distribués depuis longtemps, les armes a feux avaient elle aussi disparues, et l’épée de leur père était, bien entendu, allée à l’ainé.


Le gamin prit finalement le paquet et le déplia pour découvrir une gourde d’un cuire épais et brute.

???: « Sois bon soldat »

Genyphir ferma les yeux et porta inconsciemment sa main sur son flacon vide.

Genyphir : « Oui Père »
Enfant : « Oui Père »
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Kayné
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MessageSujet: Re: Oh'nir   Mar 5 Jan - 23:59

Ambiance:
 

La pièce terminée, les acteurs en fumée furent soufflés par une bourrasque de froid, dans le néant qui les entouraient, comme si ils avaient été de vulgaires bougies de gâteau d'anniversaire. Gâteau dont l'enfant de ce spectacle avait depuis longtemps oublié la saveur. 

Le pilier de lumière suivit de près leur disparition, replongeant l'inquisiteur dans l'obscurité.

Pourquoi devait il subir cette charade? Quel intérêt pouvait bien avoir Ci'eth à se jouer de lui de la sorte? A quoi bon se poser ces questions du moment qu'il n'avait d'autre alternative, forcé à participer dans ce théâtre de l'absurde où son voyage l'avait amené.

Un nouveau pilier lumineux ne tarda pas à apparaître, à une nouvelle dizaines de mètres de Genyphir. L'inquisiteur pouvait déjà se faire une assez bonne idée de comment ce délire allait se dérouler. La seule question qui restait était pour combien de temps il allait devoir se plier aux règles de Ci'eth. Au final sa vie n'était pas interminable, même si la créature s'amusait à lui faire revivre chaque instant de son existence, l'histoire allait bien toucher un moment à sa fin, et il n'y avait pas le moindre doute que Von Tessen allait attendre même une quarantaine d'années si il le fallait pour la chance d'abattre la créature du mal qui avait eut l'audace de se présenter devant lui.

Alors qu'il marchait vers le suivant point de lumière, Von Tessen put remarqué qu'il y avait quelque chose de bizarre avec le sol de cet endroit. Là où auparavant il avait eut l'impression de marché sur une surface collante, il avait désormais le sentiment de marcher également dans une sorte de liquide gluant qu'il ne pouvait pas discerner dans l'obscurité. La température ambiante avait également baissé de quelques degrés, bien que restant très loin du froid infernal qui s'était emparé de l'inquisiteur lors de son arrivée en ces lieux étranges.  

Malgré ce léger changement de circonstances, Genyphir atteint la nouvelle source de lumière sans trop de mal. 

Dès qu'il posa pied sur la surface lumineuse, la sensation du liquide gluant et du froid disparurent instantanément, le laissant à nouveau entièrement maître de ses mouvements. La surface couverte par la lumière s’agrandit rapidement pour couvrir un rayon de ce qui devait être à peu près 200 mètres. 

L'inquisiteur vit sans surprise particulière des centaines d'acteurs en fumée se former sur cette nouvelle scène, créant deux groupes massives et distincts, chacun à l'une extrémité du plateau lumineux. 

Oui!

Il n'y avait pas beaucoup d'événements dans sa vie qui nécessitaient un stage aussi grandiose! Ainsi il pouvait déjà deviner ce qui s’apprêtait à se dérouler sous ses yeux.

Mais alors que les figures prenaient forme encore, Tessen fut proie à un soudain malaise qui le fit tressaillir. Sa vision devint floue pendant quelques secondes, suivant son esprit qui était en train de le quitté. Dans sa transe étrange, il entendit une voix. Une voix très feinte, très lointaine mais très douce aussi. Elle ne lui était pas familière et l'inquisiteur peina grandement à comprendre ce qu'elle disait, tellement elle était fragile et ressemblante à un murmure. 

???: " Genyphir Von Tessen... "

Oui, rien de plus que son nom. Cette voie le connaissait, mais de qui venait elle et d'où? Était-ce une machination de Ci'eth comme ces figurants des ténèbres? La voix n'était pas celle du mangeur de rêves en tout cas, pour le peu que Von Tessen avait réussit à l'entendre. Elle disparue bien trop vite, emportant avec elle le malaise de l'inquisiteur le laissant faire face au spectacle qui allait se jouer devant lui.

Pouvant prendre ses repères maintenant que les acteurs avaient atteint leurs formes finales, Tessen ne peina pas à retrouver son illusion parmi les rangs d'une des deux armées.

La voix de Ci'eth retentit à nouveau dans les ténèbres.

Ci'eth: " Soldat... "

Oui, la guerre civile... Une chose que Genyphir n'allait probablement jamais oublier.




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Von Tessen
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MessageSujet: Re: Oh'nir   Jeu 14 Jan - 22:37


Genyphir fut plongé à nouveau dans l’obscurité, le visage de sa mère gravé une fois de plus dans son esprit. Quoi qu’il lui arrive, maintenant, dans le domaine de Ci’eth, il aurait au moins gagné cela.

Von Tessen s’était frotté à l’Obscure suffisamment de fois pour savoir quand il était à la merci total d’un démon. Il n’y avait rien à faire pour l’instant : seul dans la tanière de la bête il ne pouvait  qu’attendre son heure.

Un nouveau pilier lumineux ne tarda pas à apparaître, à une dizaine de mètres de Genyphir. L’Inquisiteur atteint la nouvelle source de lumière sans trop de mal.

Dès qu'il posa pied sur la surface lumineuse la surface couverte par la lumière s’agrandit rapidement pour couvrir un rayon de ce qui devait être à peu près 200 mètres.
Genyphir fut assailli par une myriade de sensation.

Son père lui avait dit, une fois, qu’un soldat ne voyait pas une bataille. Il l’entendait.  Et maintenant, dans ce sentier couvert par l’épaisse fumée des armes feux, l’Inquisiteur était témoin, une fois de plus, à la véracité des paroles de son père.

L’odeur familière de la bataille lui vint aux narines : l’odeur de la poudre noire, de la sueur, de l’urine, de la peur et du sang.

Tout autour de lui, des hommes étaient morts, fauchés par la mitraille. Mais il ne pouvait pas les voir. La fumée était trop épaisse. Il les entendait cependant, ou du moins ceux qui n’avaient pas eu la chance de mourir sur le coup.

Un nouveau bruit s’ajouta aux cris des mourants : le son rythmé et martial d’un tambour, accompagné par l’inévitable martèlement de bottes cloutées sur le sol.

Dans quelques instants, une phalange d’hommes en armes allait surgir de la brume, leurs piques et leurs bannières brandies, prêt à se faire maitres du terrain.

Tessen fut proie à un soudain malaise qui le fit tressaillir. Sa vision devint floue pendant quelques secondes, suivant son esprit qui était en train de le quitté. Dans sa transe étrange, il entendit une voix. Une voix très feinte, très lointaine mais très douce aussi. Elle ne lui était pas familière et l'inquisiteur peina grandement à comprendre ce qu'elle disait, tellement elle était fragile et ressemblante à un murmure.


???: " Genyphir Von Tessen... "

Etait-ce là un nouveau artifice de Ci’eth ? Genyphir ne le pensait pas. L’Obscure n’adorait rien de plus que de tromper ses victimes, de les induire en erreur et de les égarer. Mais quelque chose au plus profond de lui, peut-être un instinct, cultivé au long de plusieurs années dédiées à l’Inquisition, lui disait que quelqu’un, ou quelque chose, tentait de lui venir en aide.

Mais Ci’eth ne lui laissa pas le temps de rêvasser.


Ci'eth: " Soldat... "

A cet instant les fantassins sortirent de la brume. Genyphir se trouva sans trop de peine. Il savait où regarder. Là, au centre de la formation, prêt du porteur de l’étendard et du capitaine, se tenait un jeune officier de 18 ans. Peu de gens auraient pu reconnaitre sur le visage de cet homme les traits du gamin qui avait quitté sa maison à 16 ans. Deux années de guerre étaient plus que suffisante pour aguerrir le plus frêle des hommes.
Genyphir gardait les yeux rivés sur les soldats. Il savait ce qu’il allait se passer, et il était pris d’angoisse.

Le capitaine fixait le mur de brume sans ciller, tentant de percer la fumée. La formation avançait avec confiance, mais sans aucune idée d’où elle allait. Comment le savoir ?
Une simple colline pouvait cacher un bataillon entier, et cette satanée fumée était aussi épaisse que du goudron. Les simples soldats comme eux n’avaient pas le loisir d’un observatoire. On les ordonnait de plonger, tête première, dans le danger, sans avoir aucune idée du déroulement de la bataille. Que se passait-il ? Jusqu’où avaient-ils avancés ? Les autres groupes les suivaient-ils ? Avaient-ils, au contraire, battu en retraite ? L’ennemi était peut-être, en ce moment même, derrière eux en train d’achever le reste de l’armée ?

Dans ce genre de situation, dans cet immense théâtre de l’absurde, il ne restait qu’une chose à faire pour ne pas devenir fou : obéir aux ordres. Ce n’était plus une question de convictions, rien qu’une simple réaction. Il n’y avait pas de « mais » qui tennait, toutes ces histoires de braves soldats désobéissants à des ordres absurde pour triompher grâce à leur génie n’étaient que des comptes pour faire rêver les enfants : On les avait ordonné d’avancer, et quoi qu’il advienne ils allaient continuer leur marche, dussent-ils pour cela arriver aux portes de l’enfer. S’arrêter pour réfléchir au tout de la situation ne leur apporterait que des doutes. Et les doutes étaient mortels.

Le capitaine jeta un rapide coup d’œil derrière lui pour inspecter ses hommes, puis il se tourna vers son jeune lieutenant.


Pawel : Serrez les rangs.

Genyphir : SERREZ LES RANGS!!!


Les hommes obéirent machinalement. Genyphir se souvenait de ce régiment. Surnommés « les Coquerels » pour les plumes bleues qu’ils mettaient sur leurs casques. Ils avaient acquis une grande réputation pour leur férocité et leur courage après s’être illustré mainte fois sur le champ d’honneur.

Et à chacune de ces occasions le capitaine Pawel les avaient mené, un géant parmi ses hommes, ne laissant rien ni personne barrer leur chemin. S’était la deuxième fois que Genyphir voyait Pawel dans le royaume de Ci’eth. Tessen se souvenait de cet homme avec admiration : un roturier, haut comme un chêne et mince comme un fil, mais possédant une force herculéenne, qui avait atteint un grade d’officier, pour ensuite devenir un Inquisiteur de renom. Genyphir avait combattu à ses côtés du début jusqu’à la fin.


Genyphir regarda son régiment avec tristesse. Malgré toutes les horreurs qu’ils avaient vus ensemble ces hommes, avec leur casques ridicules et le masque de bravoure que chacun s’efforçait de porter, lui manquaient.

Mais soudain un bruit vint glacer le sang de chaque soldat : un deuxième tambour !
Il était proche… très proche… D’où venait-il ? Etait-ce l’un de leur ? Etait-ce un de leur régiment qui marchait à côté d’eux ou était-ce l’ennemi qui avancait à leur rencontre ?
Mais la réponse fut vite donnée car de la fumée surgit une deuxième marée de piques et d’homme portant les couleurs des rebelles.

Les deux régiments se regardèrent, horrifié de voir un ennemi surgir soudain devant eux. Ils étaient à moins de 30 mètres, deux énormes bêtes hérissées de pointes et marchant l’une vers l’autre, incapables de s’arrêter.  

Pawel : Chargez pour l'infanterie.

Genyphir: CHARGEZ POUR L'INFANTERIE !!!


Les quatre premiers rangs abaissèrent leurs piques à l’unisson. Genyphir vit chaque soldat caresser du doigt la plume de son voisin pour lui porter bonheur, une bête superstition comme tous les régiments créaient pour se réconforter. Chaque homme oublia sa peur au son de leur capitaine. L’ennemi était là et la seule chose à faire était de le balayer du terrain.

Les rebelles firent de même, et les deux formations marchèrent l’une vers l’autre.
Le jeune Genyphir devait résister à tous ses instincts qui lui criait de courir soit loin de l’ennemi, soit directement sur lui pour le mettre en pièce et en finir. Chaque pas cadencé, chaque mouvement rythmé lui était une torture, mais la bête avançait, imperturbable, irrésistible, et invincible, ses longs dards pointés fièrement sur l’adversaire.


Mais les rebelles avançaient avec tout autant de discipline et de panache. Dans ce genre de situation. Lorsque deux régiments de piquiers foncent l’un sur l’autre, il y  a toujours un qui craque, qui hésite, qui ralenti. Et c’est à cet instant de faiblesse que l’adversaire les massacre. Mais il arrive parfois qu’aucun des deux ne fléchissent, et ces cas était le cauchemar de tout soldat.

Le jeune Genyphir regardait l’adversaire sans détecter le moindre de signe de faiblesse et sa peur montait. Puis il vit leur étendard et compris avec qui ils avaient à faire : un simple chiffon bleu avec trois cannons d’or. Ce régiment avait longtemps taillé un chemin sanglant à travers les champs de batailles, défaisant les troupes loyalistes l’une après l’autre avec leur discipline de fer. Les « coquerels » ne les avaient jamais rencontrés, et chaque soldat murmurait la nuit, au camp, en se demandant ce qui se passerait le jour où ces deux adversaires seraient enfin face à face.

Un silence se fit lorsque les premiers rangs réalisèrent leur adversaire, puis des cris retentirent pour prévenir leur camarade aux derniers rangs : les « canonniers » étaient enfin là.

Une vague d’excitation parcouru la phalange toute entière, et le groupe, galvanisé et saisi d’une nouvelle vigueur, pressa le pas, sans même que Pawel n’ait à donner un ordre.
De leur côté, les rebelles accélérèrent leur marche, ayant sans doute reconnu le seul régiment impérial capable de se mesurer à eux dans ce Compté.  

Les deux régiments s’approchèrent… s’approchèrent… et enfin le choc !!!



Un spectateur ne pourrait jamais s’imaginer l’impact d’une telle collision, vu de loin les deux blocs avançaient lentement, mais la masse de plusieurs centaines d’hommes en armes donnait un tel poids à la formation que rien ne pouvait lui résister. Les piques vinrent trouver leurs cibles.

La moitié des hommes du premier rang furent immédiatement embrochés avec un son écœurant d’habille déchiré et de chaire meurtrie. Genyphir eu le souffle coupé lorsqu’une pique vint frapper sa cuirasse à toute vitesse, il se redressa rapidement cependant et plongeât son arme dans la gorge de son ennemi, prenant soin de ne pas trop l’enfoncer  de peur qu’elle ne se coince.


La boucherie était totale. Des soldats au supplice hurlaient de toute part. Il fallait beaucoup d’effort pour tuer un homme, la vaste majorité des victimes allait être piétinées et mourraient lentement, mais pas avant d’avoir couvert le champ de bataille de leur cris.
Mais le massacre ne faisait que commencer. Voilà pourquoi les piquiers redoutaient tellement leurs semblables : leurs armes étaient faites pour être le plus mortelles possible, mais n’offraient aucune protection. C’était un jeu infernal de qui allait frapper l’autre en premier.


Cependant cela allait bientôt changer pour le pire, car les derniers rangs, inconscients de ce qui se passait devant eux, continuaient de pousser leurs camarades vers l’avant. Les premiers rangs étaient bousculés inexorablement vers leur adversaire. Genyphir vit un rebelle, agripper une pique logée dans ses tripes pendant que la marée humaine derrière lui le propulsait devant, l’embrochant lentement. Les adversaires étaient à présent si proches que leurs piques s’entremêlaient pour devenir complétement inutile.

A ce moment-là les hommes abandonnèrent leurs lances pour sortir leurs dagues, leur massue, ou toutes autres armes cruelles qu’ils avaient pu trouver ou confectionner. Ce n’était plus une bataille, c’était une mêlée.

Genyphir lâcha sa pique et sorti son épée et sa dague. Un rebelle tenta de lui porter un coup à la tête, Tessen para l’attaque avec sa rapière et riposta avec son poignard en visant l’œil de son agresseur. L’homme mourut sur le coup, mais ne s’effondra pas. Les soldats étaient si serrés que les morts restaient coincés entre eux, leur corps sans vie s’agitant aux flux de la bataille.

Soudain une main puissante vint se poser sur l’épaule de Tessen. Le lieutenant se retourna pour voir le Capitaine Pawel qui pointait quelque chose du doigt : L’officier ennemi !

Il se trouvait à leur gauche et faisait pleuvoir des coups sur les impériaux, tout en criant des ordres à ses hommes. Déjà certain d’entre eux avaient repris leurs piques et tentaient de s’organiser derrière leur chef. Si les rebelles parvenaient à se rassembler s’en était fini des loyalistes. Genyphir s’avait exactement ce qu’il fallait faire.


Pawel s’élança, bousculant ses hommes du haut de ses deux mètres pour qu’ils lui fassent place, Genyphir le suivit. Puis ils plongèrent à nouveau dans un océan de rebelle. Pawel et Genyphir commencèrent à se frayer un chemin à coup d’épée et de couteau. Leurs hommes, encouragés par la prestation de leurs officiers, s’élancèrent dans la brèche créée dans les rangs ennemis. La bataille faisait rage. A leur gauche les rebelles continuait de presser leur avantage, mais les impériaux s’approchaient de plus en plus.

Ils atteignirent l’officier in extremis. Quelques instants de plus et tout le flanc gauche des coquerels aurait sans doute cédé. Alors que le capitaine rebelle était à deux doigts de la victoire, il vit, avec effroi, une colonne d’homme enragés, menés par un colosse, se jeter sur lui et ses hommes. Ceux des rebelles qui avaient empoignés leurs piques les jetèrent à terre une fois de plus.

Partout, les corps-à-corps faisaient rage, mais les canonniers n’étaient pas prêts à s’avouer vaincu. Une résistance féroce se forma autour de leur capitaine, qui continuait à inspirer ses hommes à garder la discipline de fer qui avait valu tant de lauriers au régiment rebelle. Mais les coquerels opposèrent leur légendaire férocité et leur entêtement à l’organisation de leurs ennemis.

Peu à peu, le mur de rebelles qui se tenait devant le capitaine se fit plus fin. Pawel vit enfin sa chance. Il ramassa un morceau d’hallebarde qu’un mourant avant laissé tomber à terre. La hampe de l’arme avait était brisée en plusieurs morceaux si bien que Pawel avait plutôt entre ses mains une hache surdimensionnée. Il rassemblât ses hommes autour de lui, Genyphir toujours à sa droite, et les coquerels firent ce qu’ils faisaient de mieux : ils se jetèrent sur leurs ennemis.

Les impériaux poussèrent un cri sauvage et chargèrent avec toute leur force, brisant les rangs des rebelles. Genyphir vit, avec délice, la peur se dessiner enfin sur le visage des insurgés. Le doute était en train de les saisir. Il ne fallait plus que faire pencher la balance.
Pawel n’avait d’yeux que pour son homologue. Il avançait, implacable, vers le capitaine. Genyphir le suivait, protégeant le dos et les flancs de son supérieur. Il vit, du coin de l’œil, un sergent lever son pistolet vers Pawel. Tessen tira sa propre arme à feux et mit une balle dans la tête de l’homme. En trois grandes enjambées, Pawel était sur le rebelle. Ce dernier l’avait vu venir de loin, et s’était préparé pour le combat. Avec un cri, les deux officiers se jetèrent l’un sur l’autre. Genyphir choisit une cible différente : le porte-étendard ennemi. Si le capitaine était le cœur de son régiment, l’étendard était sans doute l’âme de l’unité.


Le drapeau lui-même était si simple qu’il paraissait ridicule. Mais la hampe n’avait, elle, rien d’ordinaire : maintenant qu’il était si prêt, le lieutenant Tessen pouvait voir que les rebelles l’avaient enroulée dans une multitude de bannières : les trophées que les canonniers avaient pris des mains des régiments impériaux qu’ils avaient défaits. Il était grand temps de les récupérer.

Genyphir fonça vers le porteur. Mais avant qu’il ne puisse l’atteindre un sergent s’interposa, décidé à défendre les couleurs du régiment de sa vie. Un combat acharné s’ensuivit.

La rapière de Genyphir se mesura à la lame du sergent. Il n’y avait rien de beau ou d’élégant dans ce duel : rien que deux hommes tentant de tailler l’autre en pièce. Finalement l’homme fit une erreur : il tenta d’attraper son adversaire. La lame du sergent était plus courte que celle de Von Tessen et l’homme essaya de diminuer la distance. Mais c’était sans compter sur la force de son adversaire. Le jeune lieutenant s’était transformé dans l’armée. Au lieu de faire marche arrière pour éviter le sergent et garder ses distances il se jeta sur les jambes de son adversaire. Il banda ses muscles, et souleva son ennemi dans les airs avant de le jeter de toutes ses forces à terre. L’homme eu le souffle coupé. Sans hésiter, Genyphir s’assit sur son torse et l’acheva à coup de dague.


A ce moment il entendit un mugissement triomphal derrière lui. Il se retourna pour voir Pawel brandir la tête du capitaine rebelle. Les impériaux hurlèrent leur joie et se jetèrent nouveau sur leurs ennemis. Genyphir se retourna à nouveau et sorti son second pistolet. Il fit sauter la tête du porte-étendard alors que ce dernier regardait encore, incrédule, le visage défiguré de son officier.  

Le drapeau tomba à terre et Genyphir s’empressa de le ramasser. A la vue de cette seconde perte, tout ce qui restait du courage des canonniers s’envola. Leur rage et leur vaillance furent remplacées par un irrésistible instinct de survie.


Les impériaux, de leur côté, était en pleine exaltation. Les hommes se regroupèrent autour de leurs officiers et de leurs deux drapeaux. Pawel hurla à ces soldats de ramasser la première pique qu’ils trouveraient par terre et de s’organiser. Il était temps d’en finir. Sur les ordres de leur capitaine la phalange impériale, unie nouveau, se mit en marche, balayant tout sur son passage.

Pawel : En avant soldats ! Rendons l’Empereur fier! Ne comptez pas les jours, les kilomètres ! Ne comptez que le nombre de rebelles que vous tuez ! TUEZ-LES TOUS ! L’empereur vous implore ! Battez-vous pour notre grande nation ! Ne tremblez pas, et ne faiblissait pas, et ne faites PAS DE QUARTIER ! VIVE L'EMPEREUR !!!

Les hommes étaient aux anges : Leur plus grand adversaire jetait ses armes à terre et fuyait devant eux. Les hommes se mirent à chanter la gloire de l’empereur. La machine impériale avançait, couverte de gloire. Les rebelles se rendaient maintenant en masse. Pawel et Genyphir réussirent à calmer suffisamment leurs hommes pour épargner un adversaire qui s’était défendu avec vaillance. Les hommes prenaient autant d’otages que possible. L’argent de leur rançon, aussi maigre soit-elle, serait le bienvenu.  

Mais la joie des impériaux fut de courte durée. Alors que les derniers rebelles se rendaient le champ de bataille fut balayé par des explosions puissantes. Des dizaines de soldats, impériaux et rebelles, furent déchiquetés en un instant. Le choc était total, la destruction inimaginable. Genyphir tentait vainement de trouver leurs assaillants quand une nouvelle explosion le souleva du sol. Il retrouva ses esprits quelques instants plus tard. Un soldat était en train de le trainer hors de danger tandis que plus loin Pawel hurlait à se hommes de se replier. Tessen vu plusieurs rebelles courir parmi eux. Certains soldats étaient même en train d’aider leurs ennemis à marcher.

Tous prenaient leurs jambes à leur cou, car malgré leurs nombres, leurs armes, et leur réputation, ces hommes ne pouvaient rien face aux deux mages rebelles qui s’approchaient, brulant tout sur leur passage.


Pawel : Retraite ! Repliez-vous MAINTENANT !

Les mages continuaient leur tâche sordide avec un calme inhumain. Personne n’était à l’abri de leurs flammes. Genyphir regardait ce nouveau spectacle avec horreur. Il avait vu bien des choses en deux ans, mais rien de pareil. Que pouvaient bien faire de simples humains comme eux face à ces monstres ? Des centaines d’hommes aguerris, chacun d’entre eux un fier soldat entrainé au summum de la qualité humaine et prêt à mourir pour ses camarades, balayés en un instant par deux personnes….


Genyphit avait souvent cru s’être trouvé dans les plus atroces situations que la guerre pouvait créer. Mais maintenant face à ces hommes, face à ce pouvoir surdimensionné et inhumain… Tessen voyait pour la première fois les flammes de l’enfer.
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MessageSujet: Re: Oh'nir   Ven 15 Jan - 2:35

Ambiance:
 

Les horreurs de la guerre. Cette harmonieuse cacophonie qui prend un enfant à ses parents et le transforme en bête sauvage, prête à tout pour survivre. Von Tessen était bien placé pour savoir que pas beaucoup d'hommes revenaient d'une guerre, et ceci n'avait rien à avoir avec si ils y ont péris ou pas.

Une nouvelle bourrasque de vent abyssal vint déformer, puis effacer ces acteurs qui allèrent rejoindre les précédents dans l'obscurité entourant l'inquisiteur. Dernière, disparue la figure représentant le jeune Genyphir, emportant avec elle toute trace de lumière, replongeant l'homme qu'il était devenu dans le noir. 

Comme si cela ne suffisait pas, le vent brusque et glacial, emporta également le chapeau prisé de l'inquisiteur. Un objet dont il ne s'était pas séparé depuis son acquisition il y a fort longtemps. Le temps que Tessen se retourne dans l'obscurité, le chapeau avait déjà volé hors de vue, disparu aux tréfonds des ténèbres. Sans source de lumière, une éternité suffirait de justesse pour le retrouver dans cet endroit infernal. 

L'inquisiteur finit par se ressaisir de cette perte. Oui ce chapeau avait essuyer bien des dégâts, il l'avait accompagné après tout dans de nombreux combats, mais à quoi bon le pleurer maintenant? Quelle est la valeur d'un chapeau devant ce qu'il avait devant lui à présent?

Comme si elle fut calquée sur sa volonté de continuer son chemin, une nouvelle source lumineuse fit son apparition une fois que Genyphir prit la résolution de continuer. 

Cependant, si l'inquisiteur avait pu se permettre jusque là d'ignorer les conditions des segments entre chaque pilier de lumière, ce n'était plus le cas cette fois ci! La température avait nettement baissé, il n'était plus question de "frais" mais de "froid". Comme si cela ne suffisait pas, ses jambes s’enfonçaient maintenant jusqu'au haut de ses bottes dans l'espèce de goudron qui couvrait le sol. Chaque pas était devenu nettement plus difficile. 

Combien de temps ceci allait il durer? Combien de souvenirs Genyphir allait devoir revivre avant que Ci'eth soit satisfait?

Dès qu'il réussit à toucher le rond illuminer sur le sol, l'inquisiteur fut à nouveau libéré de l'emprise du froid et de quoi que ce soit qui collait à ses bottes, pas une seule goutte n'en restait pour que Tessen puisse l'examiner. A la place, Genyphir fut proie à un nouveau malaise momentané, la même voix qu'il avait entendu auparavant, mais plus proche, plus distincte et plus autoritaire aussi. 

???: " Tu as prêté Serment Genyphir Von Tessen! "

Mais la voix disparue aussitôt pour laisser place, une fois de plus, à celle de Ci'eth. 

Ci'eth: " Inquisiteur. "

Sans temps mort, sans le moindre répit, des murs et des meubles de fumée noire se formèrent devant l'inquisiteur, une pièce, une maison entière, à l'intérieur de laquelle il se retrouva, en compagnie de deux nouvelles figures ténébreuses. 

L'endroit lui était familier sans l'être, une maison comme une autre qu'il a pu parcourir, il ne peina pas non plus à se reconnaître dans l'une des deux figures. Nettement plus âgé maintenant, portant les psaumes et les symboles de l'inquisition, même le chapeau qu'il venait de perdre! Il n'y avait pas de doute possible, la guerre était finie et Genyphir avait rejoins l'inquisition. 

Cependant, l'autre figure il peina à reconnaître. Elle traînait loin dans son esprit, une information presque inutile, l'identité de cette personne, une vieille femme vu la forme courbée qu'avait adopté la fumée. Si ces acteurs permettaient des couleurs, peut être que son nom lui serait venu plus rapidement. Il n'y avait rien à faire. Autant les sons et les odeurs étaient identiques à ceux dans l'esprit de Von Tessen, autant les couleurs n'existaient que dans ses souvenirs. Dans ce royaume de l'obscurité il n'y avait qu'au mieux différentes nuances de noir. 

Peut être qu'en vérité les hommes étaient vraiment fait de cette noire-té que Genyphir voyait voltiger sur elle même à l'intérieur de ces figures. Cela expliquerait bien des choses.

Finalement, la conversation, surprise en cour de route, et utilisant une fois de plus la voix de Von Tessen, lui permit de ce rappeler des ses entourages, et de cet événement qui tous comptes faits, n'était pas si distant que çà!

Ambiance:
 

"Si vous êtes tellement lasse pourquoi n'avez vous pas suivi le reste des villageois pour assister à la fête ? Je ne crois pas que la montée vous serait trop pénible."

" C'est vrai seigneur, mais ce ne sont pas mes os qui lâcheraient, plutôt mon cœur, et mon estomac. " 

" Que voulez vous dire? "

" Vous m'avez sans doute pas compris seigneur. Ce n'est pas une fête qui se passe en haut, du moins pas une fête qui puisse m'attirer. "


" Une exécution? "

" Ces imbéciles s'en sont pris à la pauvre Lisette. C'est la sage femme dans ces lieux. On était amies toutes les deux. On jouait ensemble et elle m'a même aidée dans chacun de mes accouchements. Dire que mes propres fils sont la haut pour assister à son meurtre. Bref cette dernière année a été plutôt rude. Cinq nourrissons sont morts. Ca fait beaucoup vous comprenez? "


" De quoi est-elle accusée? " 

" ... de sorcellerie seigneur. "

Puis la maison entière s'écroula sur Tessen sans qu'il n'en ressente le moindre pois, faisant disparaître son clone et la vieille femme pour créer à leurs places une nouvelle scène, celle d'une clairière entourée de bois, au centre de laquelle un nouveau clone de Genyphir se tenait accompagné de ce qui devait être le double de Lisette et du chef des villageois qui les entouraient désormais. 

Si les villageois avaient pu voir les deux Genyphir ainsi, l'un à coté de l'autre, ils auraient certainement eut vite fait de préparer un second bûcher. Heureusement ces figures ne semblaient pas plus aptes à le voir que les précédentes. Elles étaient ancrées dans le moment, leur moment. Un moment qui était maintenant passé. 

" La sorcière vas bruler! "

Mais avant que la foule puisse accompagner ses paroles de hourras la tête de l'homme fut violemment projetée en arrière. Son corps suivit le mouvement et il s’étala avec fracas sur le bûcher que Lisette avait quitté avec discrétion. Sa mâchoire, là où le clone de Von Tessen l'avait frappé de toutes ses forces, n’était qu'une ruine de chaire et d'os et ses cris de douleurs finissaient en gargouillis pitoyables. Les villageois regardaient avec stupéfaction. Le clone savait qu'il fallait agir vite avant qu’effroi ne donne place à une fureur meurtrière. Il se dirigea vers l'homme à la lance et arracha l'arme de ses mains. Il se rua sur le chef affalé et enfonça l'arme dans son ventre, le clouant au sol. Son hurlement fut plus bestiale qu'humain et toute forme agressivité quitta la foule, pétrifiée au son de tant de douleur. 
La plaie était mortelle, mais c’était une mort lente et affreuse. Elle pouvait durer plusieurs minutes, parfois même des heures.
L'acteur en fumée se tourna vers son public et tonna de façon à se faire entendre au dessus des râles de l'agonisant. 


" Les ennemis de la Foi sont nombreux et les formes qu'ils prennent pour nous causer du tort le sont encore plus! Cet homme vous a tous trompé, il vous a tous convaincu qu'une innocente femme de Dieu était coupable de crime atroces qui trouvent certes leur source dans l’œuvre du Démon, mais qui n'ont été causés par personne dans ces régions, ni même dans ce pays. Cette homme a voulu condamner un innocent même après avoir entendu mon véridique, il a voulu vous pousser à commettre un acte qui vous damnerait a des siècles de purgatoire. Pire encore il a osé utiliser le nom du Seigneur pour égarer Ses brebis et souiller Son nom. "

La figure se dirigea vers l'homme cloué à terre. Il sorti une grande bouteille de sa veste et d'un geste théâtral enleva le bouchon et la leva au dessus de sa victime.

" Pour le crimes de Blasphèmes, de Parjure et de Mensonge je te condamne... " 


Elle commença à vider lentement le contenu de la bouteille sur l'homme.

" Au nom du Seigneur, son Église et sa glorieuse Inquisition. " 

Chaque mot fut accompagné d'une généreuse rasade de liquide. 
Elle se pencha près de l'homme et sorti l'un des pistolets qu'elle avait utilisé, elle arma le chien et approcha la platine à silex près des brindilles. Puis en se tournant a nouveau vers la foule elle hurla:


" BRULEZ L’HÉRÉTIQUE, TUEZ LE MUTANT, PURGER L'IMPUR! "

Tessen ne fut guère surprit cette fois, ni par la bourrasque de vent glacial, ni par la disparition de la lumière au dessus de lui. 

Seul, dans les ténèbres, il n'avait plus qu'à espérer que Ci'eth allait se contenter de lui infliger ce supplice qu'une seule fois et que la créature n'allait pas prendre plaisir à l’emprisonner dans une boucle éternelle. 

Le prochain projecteur allait s'allumer bientôt.




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MessageSujet: Re: Oh'nir   Ven 6 Mai - 19:45

Genyphir devait continuer son chemin. Il n’y avait pas d’autre solution, il fallait aller de l’avant et achever cette épreuve. Plus vite il en finirait et plus vite il pourrait régler son compte à l’atrocité qui régnait ces lieux, où mourir dans la tâche.

Son stoïcisme atteignait cependant ses limites : malgré son manteau l’Inquisiteur tremblait de tous ses membres et ses bottes s’enfonçaient entièrement dans la vase noire du sol entravant chacun de ses pas. Et pour combler son malheur une violente bourrasque lui arracha son chapeau de la tête. Apres tant d’années à défier les pires ennemis de l’Obscure, Genyphir perdait son chapeau à une bourrasque. La rage aux dents, l’Inquisiteur continua sa route.

Familiarisé à présent avec les rouages de ce lieu, Genyphir se dirigea vers la prochaine balise de lumière. Une fois là il fut à nouveau épargné du froid et du limon noir, mais la même voix qui l’avait surpris avant retenti à nouveau, plus claire et plus distincte.


???: " Tu as prêté Serment Genyphir Von Tessen! "

Rien ne pouvait être pris pour acquis dans un lieu aussi inconstant, mais il semblait à Genyphir que cette voix ne faisait pas parti des plans de Ci’eth. Quelqu’un tentait-il de lui venir en aide ?

Mais la voix disparue aussitôt pour laisser place, une fois de plus, à celle de Ci'eth.


Ci'eth: " Inquisiteur. "

Genyphir assista à une scène qui ne lui avait apparemment pas fait grande impression. Il conversait avec une vieille femme dans une maison tout à fait oubliable.

"Si vous êtes tellement lasse pourquoi n'avez-vous pas suivi le reste des villageois pour assister à la fête ? Je ne crois pas que la montée vous serait trop pénible."

" C'est vrai seigneur, mais ce ne sont pas mes os qui lâcheraient, plutôt mon cœur, et mon estomac. "

" Que voulez-vous dire? "

" Vous ne m’avez sans doute pas compris seigneur. Ce n'est pas une fête qui se passe en haut, du moins pas une fête qui puisse m'attirer. "

" Une exécution? "

" Ces imbéciles s'en sont pris à la pauvre Lisette. C'est la sage-femme dans ces lieux. On était amies toutes les deux. On jouait ensemble et elle m'a même aidée dans chacun de mes accouchements. Dire que mes propres fils sont là-haut pour assister à son meurtre. Bref cette dernière année a été plutôt rude. Cinq nourrissons sont morts. Ça fait beaucoup vous comprenez? "

" De quoi est-elle accusée? "

" de sorcellerie seigneur. "

Un léger sourire vint aux levres de Tessen. Il se souvint d’un coup de ces évènements. La vieille femme importait peu, mais ce qui c’était passé après comptait parmi son bon souvenir, aussi récent qu’il soit.

" La sorcière vas bruler! "

Mais avant que la foule puisse accompagner ses paroles de hourras la tête de l'homme fut violemment projetée en arrière. Son corps suivit le mouvement et il s’étala avec fracas sur le bûcher que Lisette avait quitté avec discrétion. Sa mâchoire, là où le clone de Von Tessen l'avait frappé de toutes ses forces, n’était qu'une ruine de chaire et d'os et ses cris de douleurs finissaient en gargouillis pitoyables. Les villageois regardaient avec stupéfaction. Le clone savait qu'il fallait agir vite avant qu’effroi ne donne place à une fureur meurtrière. Il se dirigea vers l'homme à la lance et arracha l'arme de ses mains. Il se rua sur le chef affalé et enfonça l'arme dans son ventre, le clouant au sol. Son hurlement fut plus bestiale qu'humain et toute forme agressivité quitta la foule, pétrifiée au son de tant de douleur.
La plaie était mortelle, mais c’était une mort lente et affreuse. Elle pouvait durer plusieurs minutes, parfois même des heures.
L'acteur en fumée se tourna vers son public et tonna de façon à se faire entendre au dessus des râles de l'agonisant.


" Les ennemis de la Foi sont nombreux et les formes qu'ils prennent pour nous causer du tort le sont encore plus! Cet homme vous a tous trompé, il vous a tous convaincu qu'une innocente femme du Seigneur était coupable de crime atroces qui trouvent certes leur source dans l’œuvre du Démon, mais qui n'ont été causés par personne dans ces régions, ni même dans ce pays. Cette homme a voulu condamner un innocent même après avoir entendu mon véridique, il a voulu vous pousser à commettre un acte qui vous damnerait a des siècles de purgatoire. Pire encore il a osé utiliser le nom du Seigneur pour égarer Ses brebis et souiller Son nom. "

Genyphir bomba le torse, excité à l’idée de ce qui allait suivre.

Son image se dirigea vers sa victime et entama son exécution tout en clamant son véridique. Un véridique que Tessen avait prononcé bien des fois.

L’Inquisiteur, le poil hérissé, se mit à marmonner les paroles avec son clone.

Genyphir : « Pour les crimes de Blasphèmes, de Parjure et de Mensonge je te condamne... Au nom du Seigneur, son Église et sa glorieuse Inquisition. "

Son clone se penchât pour achever sa tâche. Genyphir se surprit d’envier sa propre hombre. Cela faisait bien trop longtemps qu’il n’avait pas ressenti l’excitation du bucher.

Genyphir : " BRULEZ L’HÉRÉTIQUE, TUEZ LE MUTANT, PURGER L'IMPUR! "

Puis la scene vira une fois de plus au noir.

Tessen frissonnait à nouveau, mais le froid n’avait plus rien à y voir. Il leva la tête et déclara haut et fort.


Tessen : « Regarde bien cette scène Demon et grave là dans ta mémoire. Ainsi meurt les servants de l’Obscure. Garde moi aussi longtemps que tu le souhaite dans cet endroit, tu ne fais que retarder l’inévitable. Tes jours étaient comptés dès que tu t’en es pris à l’Inquisition. »
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MessageSujet: Re: Oh'nir   Lun 9 Mai - 19:20

Ambiance:
 

Avec le retour des ténèbres, vint la voix de Ci'eth en réponse aux menaces de l'inquisiteur. Étonnamment la créature semblait un peu plus inclinée à la discussion à présent.

Tessen : « Regarde bien cette scène Demon et grave là dans ta mémoire. Ainsi meurt les servants de l’Obscure. Garde moi aussi longtemps que tu le souhaite dans cet endroit, tu ne fais que retarder l’inévitable. Tes jours étaient comptés dès que tu t’en es pris à l’Inquisition. »

Ci'eth: " Démon? Tous les êtres au delà de votre compréhension sont ils des démons? Les humains comprennent si peu pourtant. L'inquisition... Un effort futile. Combien de fois on m'a renvoyé ici? Combien de fois j'en suis sorti? Es-tu celui envoyé par l'inquisition pour me mettre fin ici? Futile. "

La voix s'estompa, laissant à nouveau Von Tessen seul dans le noir et le froid qui à présent se rapprocher dangereusement de celui auquel il avait de justesse survécu dans le domaine des rêves. Comme si cela ne suffisait pas, son avancé vers la prochaine balise lumineuse était devenue extrêmement lente et pénible. Le liquide l'entourant avait à présent dépassé sa taille. Se mouvoir dans ce marécage de noirceur nécessitait de plus en plus de volonté et de forces au fur et à mesure. Au point où il en était presque clair que quelque chose cherchait à retenir l'inquisiteur dans cet espèce de purgatoire. Quels que soient les plans de Ci'eth, la survie du vétéran n'en faisait probablement pas partie!

Ceci dit, l'objectif restait clair comme jour, la prochaine scène l'attendait à quelques dizaines de mètres. Il était difficile d'en être certain mais il semblait que la distance entre chaque plateau lumineux augmentait à chaque fois.  

L’arrivée sur la prochaine scène quelques minutes plus tard, fut d'autant plus salvatrice que les précédentes, libérant le Psarosoupien de la sensation désagréable d'une promenade nocturne dans un marécage ou pire encore des sables mouvants. La chaleur qu'apportait la lumière en dissipant le froid ambiant était telle une promesse que finalement Genyphir pouvait peut être encore s'en sortir.  

Sans surprise, son entrée dans la lumière fut accompagnée par quelques mots de cette voix qui n'appartenait pas à Ci'eth. Elle était très claire à présent, proche, sobre et impérative mais sans en être agressive. Pourtant, malgré le ressenti de proximité, Tessen ne pouvait toujours pas voir d'où ces mots provenaient, ou si ils étaient énoncés par un homme ou une femme. Par un enfant peut être? La distinction était dure à faire.

???: " Tu as prêté Serment Genyphir Von Tessen! Et tu vas l'honorer! " 

La voix disparue une fois de plus, rendant à l'inquisiteur la sensation de ses alentours.

C'était à présent au tour de Ci'eth, qui enchaîna sans se faire attendre.  

Ci'eth: " Échec... "

Une nouvelle pièce se forma autour de lui, la lumière le couvrant perdit en intensité, sans doute pour refléter à quel point la pièce était sombre en premier lieux. 

A l’opposé de la maison décorée et accueillante de la veille femme du spectacle précédant, cette pièce n’avait aucune grâce. Elle était froide et sans fenêtres, une unique issue bloquée par une lourde porte en bois massif était tout ce qui la différenciait d’un de ces cachots souterrains dans lesquels on jetait des prisonniers qu’on ne comptait jamais ressortir. 

La fumée dont étaient constitués les murs, représentait avec fidélité le relief de solides façades de pierre. Encore une fois l’endroit lui était familier bien qu’il ne puisse exactement s’en souvenir. Vu les menottes attachées aux murs sombres et la petite table basse couverte d’instruments de torture, eux même baignant dans un liquide maintenant noir mais qui à l’époque devait être du sang, Genyphir était assez sûr qu’il se trouvait bel et bien dans une pièce qui, si elle n’était pas une prison à l’origine, avait été certainement bien aménager pour le devenir!
  
Pas le temps de s’attarder davantage sur cela, pas le temps de réfléchir. 
Maintenant, c’était le moment de voir.

La scène était prête, les acteurs en place.

Tessen aurait été en droit de supposer que ce qu'il était sur le point de voir allait être en relation avec son bref séjour aux cachots de Dormnuill. Pourtant, ce ne fut pas le cas. Il put le réaliser quand il vit que la figure qui le représentait n’était pas celle qui était attachée, nue, contre le mur, mais plutôt celle en face de cette dernière. Celle qui était arrivée trop tard.

Comment? Pourquoi?

Tous les événements qui avaient défilé sous ses yeux l’avaient fait dans un ordre chronologique! Pourquoi allait-il voir maintenant quelque chose qui pré-datait sa visite au village?

Le peu de logique que l’inquisiteur avait pu amasser dans cet endroit venait de voler en éclats.

Ambiance:
 


Il était une fois de plus, juste là. Un homme au milieux des ténèbres, obligé d’assister à une conversation qui en était à peine une, entre son propre clone et celui de la femme qu’il n’avait pu sauver.

Le clone de Von Tessen se mit à parler à l’autre figure.

" Très bien mon enfant. Finissons-en. Sais-tu ce que je suis? "

Il lui montra le symbole de l’inquisition sur son armure.

Tessen connaissait cette scène.

Il essayait peut-être de pas s’en rappeler, mais il la connaissait.

Et ce qui suivit, n’en faisait pas partie à l’origine! Du moins pas de son point de vue!

Alors qu'elle n’en avait pas, la voix de la femme menottée se mit à résonner dans la pièce, de manière effrayante même! Elle venait plus des ténèbres les entourant que de la figure elle-même! Elle trahissait panique, fatigue, implorations et larmes.  

" Oui, je comprends seigneur! J’ai entendu parler des hommes portant ce symbole! Ils disent que vous êtes justes! Ils disent que vous aidez… "

" Donc tu sais que me mentir reviens à mentir à notre Seigneur à nous tous. Et même s’il est possible de tromper un homme tu ne peux jamais le tromper Lui. Il est partout, Il sait tout. Ment et tu condamnes ton âme à la souffrance éternelle qui est bien pire que ce que tu endure maintenant. Tu me comprends? "

" Oui mon seigneur! Mais je ne mens pas je… "

" Faisais-tu partie des serviteurs de Kolokithi? " 

" Oui monsieur. " 

" Est-ce qu’il vous traitait convenablement? Était-il cruel? "

" Il était bon mon seigneur monsieur! Il ne s’est jamais montré cruel envers nous! Même pas quand notre maladresse lui causait tord! " 

" Pourquoi l’aurais-tu fait alors? "

" NON! NON! Je n’ai rien fait! Je ne l’ai pas tué! Jamais je ne l’aurai fait! Je… "

" Tu serais donc innocente? "

" OUI! OUI JE SUIS INNOCENTE! JE VOUS LE JURE SEIGNEUR! "

" Tu le jures? Sur ton âme? Sur le sang du Seigneur qui t’aime et te protège? "

" Oui seigneur… Sur tout ce qu’il y a de bon dans ce monde! "

" Qui l’a tué alors? Un autre de ses serviteurs? "

" Je ne sais pas mon seigneur je… "

" Alors qui? L’as tu vus? As-tu entendu un nom? "

" Non seigneur je ne… "

" Ton maître le connaissait-il? Est-il venu en ami? "

" JE NE SAIS PAS! Tout ce que je sais c’est que je suis INNOCENTE! Par pitié croyez-moi! "

Il y eut un silence. Comme le silence qu’il y avait eut alors.

" Je te crois mon enfant… " 

" MERCI! Merci mon seigneur! Milles fois merci! Que le Seigneur vous garde vous et votre famille! "

Le clone de Tessen se leva du petit tabouret en bois sur lequel il était assis jusque-là, puis récupéra un torchon relativement propre sur la table avant de revenir près de la fille. Il essuya le sang et les larmes qu’il y avait sur son visage.

" Sais-tu ce qu’ils te réservent mon enfant? Sais-tu ce qui t’attend? " 

" Pardon? Mais… Mais vous avez dit que… "

" Ils vont te crucifier. Il n’y a rien que tu puisses faire pour cela. C’est une mort lente, et douloureuse. Très douloureuse. Quant à moi, tu es accusée de meurtre, non pas d’hérésie, je n’ai aucune juridiction, je ne peux pas changer leur décision. "

" NON! NON! VOUS AVEZ DIT QUE VOUS ME CROYEZ! VOUS NE POUVEZ PAS LES LAISSER FAIRE CA! Par pitié seigneur! "

" Mais je peux mettre fin à tes souffrances maintenant. " 

Le clone posa la main sur une rapière qui était attachée à sa hanche.

" NON! JE SUIS INNOCENTE! JE SUIS INNOCENTE"! JE VEUX VIVRE! "

" Non? Ne sois pas sotte petite, je t’offre une mort rapide. Tu n’as pas idée de ce que c’est que la crucifixion. Ils te garderont en vie aussi longtemps que le public le souhaite, comme ils le font maintenant. Laisses-moi t’aider. "

" JE VEUX VIVRE SEIGNEUR! JE VEUX VIVRE! SI VOUS AVEZ DE L’AIDE A APPORTER ALORS PAR PITIÉ SAUVEZ MOI! S’il vous plait… "

Les pleurs, non, les hurlements du clone de la fille raisonnaient effroyablement dans les ténèbres. Des larmes fantomatiques coulaient à flots le long de ses joues transparentes.

Le clone de Von Tessen leva la main de sa rapière et sortit un petit livre d’une des poches de son manteau. Le moment des rites était venu. Il commença à le lire lentement. Son visage était crispé, il semblait souffrir. Sa voix devint de plus en plus tremblante au fur et à mesure qu’il lisait. Deux minutes plus tard, il avait fini sa lecture et il referma le bouquin en se signant. 

Il alla près de la table et y récupéra une touffe des cheveux de la fille qu’il mit dans une poche. Puis, finalement, il s’approcha d’elle. Il lui fit un baiser sur le front puis la regarda droit dans les yeux pour lui dire :

" Je n’oublierais jamais! "

" NOOOOOOON! SAUVEZ MOI! SAUVEZ MOI! "

Le cri perçant et primordial de la femme fut la dernière chose que l’inquisiteur sentit avant que les ténèbres s’effondrent à nouveau sur lui.

Si cette femme. Si cette jeune fille avait eu une voix lorsque ils s’étaient rencontrés…

Était-ce là le discours qu’elle lui aurait tenu?




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Oh'nir

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